Collectif2026 projet

Le Niel et les abeilles

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Le Niel et les abeilles

TEXTE et PHOTO : Sarah Lefèvre - NÉON - Novembre 2015

Pour intégrer l'école d'informatique de Xavier Niel, il faut passer l'épreuve de la "piscine" : un mois de code non-stop, dans une ambiance à mi-chemin entre le camp militaire et la télé-réalité. Sarah Lefèvre s'est jetée à l'eau.

Paris, 1er septembre 2015. « Ceux qui n’ont pas leur badge, sur la gauche. Les autres sur la droite », hurle l’un des membres du « staff », comme indiqué sur son tee-shirt. Une foule de capuches, matelas gonflables et valises à roulettes forme les rangs en silence sur le trottoir. Nous sommes sur le point de démarrer la « piscine », dernière phase du concours d’accès à 42, l’école d’informatique du patron de Free, Xavier Niel. Un long mois nous attend, 7 jours sur 7, les yeux rivés sur des écrans. Deux compagnons qui m’avaient quittée depuis six ans, date de ma dernière rentrée des classes, refont surface : Chat-dans-la-Gorge et Pointe-à-l'estomac.

Le Plongeon                                                             

Cette école, « unique au monde » selon ses fondateurs, a été inaugurée en 2013 et a déjà intégré deux promotions de 800 élèves. Nous concourons pour rejoindre la troisième. Seul un tiers d’entre nous tiendra jusqu’au bout. A la clé : un cursus de trois ans en moyenne pour former des développeurs ou chefs de projets numériques. Nous avons tous entre 18 et 30 ans, le seul critère de sélection, puisque aucun diplôme n’est requis. Dénicher les perles rares, celles qui s’ignorent encore, voici l’un des enjeux de 42. Nous étions 30 000 cette année à tenter la première épreuve du concours d’entrée, un casse-tête de mémoire et de logique de 2 h 10. 3 000 ont reçu le texto sésame : « Bravo, tu es admissible chez 42 ! » Je ne sais par quel miracle, moi aussi. Je n’ai aucune notion de code, à l’exception d’une ou deux balises HTML.