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En Italie, des hommes se mobilisent contre les violences faites aux femmes

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En Italie, des hommes se mobilisent contre les violences faites aux femmes

TEXTE : Cécile Debarge - Mediapart - Janvier 2019

Du nord au sud de l’Italie, des groupes d’hommes tentent de redéfinir la masculinité pour combattre les violences faites aux femmes mais aussi définir, en positif, la place de l’homme au sein de la société.

Palerme (Italie), de notre correspondante.- Il est dix heures lorsque Francesco Seminara franchit le seuil du lycée Galileo-Galilei, situé dans un quartier tranquille de Palerme. Michele Verderosa et Pippo Consoli l’y attendent. Dans quelques minutes, ces trois membres de Noi uomini (« Nous, les hommes ») interviendront devant une cinquantaine d’élèves pour leur parler de violences faites aux femmes, de stéréotypes de genre et de nouvelle masculinité.

Dans le hall d’entrée, quelques élèves se pressent devant les panneaux d’affichage installés deux semaines plus tôt. L’exposition, créée par l’association italienne Maschile plurale (littéralement : Masculin pluriel), représente une dizaine de scènes de la vie quotidienne de couples. Embarrassé, le surveillant tire à l’écart Francesco Seminara et ses collègues et extirpe de son bureau l’un des panneaux : « Regardez, il a été vandalisé. »

On y voit un homme et une femme, assis en tailleur au milieu d’outils de bricolage, de balais et de sprays pour nettoyer la maison. Un Post-it jaune est apposé sur l’image : « J’aime prendre soin de ma maison, Marco. » Ce panneau, comme les autres, propose une nouvelle approche des rapports de genre. En bas de l’image est apposée la précision suivante : « Marco, 27 ans, publicitaire. » Une main anonyme a rayé d’un trait de feutre noir le mot « publicitaire » pour le remplacer par l’insulte homophobe « pédé ».

« C’est la première fois que ça arrive », confient les trois hommes. Lorsqu’ils évoquent l’incident devant l’assemblée de lycéens, un peu plus tard dans la matinée, le brouhaha général masque mal l’embarras de certains et les rires de quelques autres qui connaissent visiblement l’auteur du graffiti. « À votre avis, un homme perd sa masculinité s’il s’occupe de sa maison ? » interrogent-ils. Dans la salle, le non est unanime, en apparence.

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