La fin d'un mythe

La fin d'un mythe

"C'est génial ton travail, c'est un peu comme des vacances quand tu voyages."

En fait, non, pas vraiment. Pas du tout, même.

Je comprends la source du malentendu. Faire un reportage à Catane, ça peut évoquer l'ascension de l'Etna, la granita au citron, le verre de lait d'amandes quand il commence à faire chaud, les plages qui bordent la ville, le marché aux poissons qui rend glissants les pavés noirs de la ville.

Souvent, de tout ça, il ne reste que le lait aux amandes, dans le meilleur des cas. Le reste est fait de bus qui vous emmènent loin de la statue de l'éléphant du centre - quand ils passent -, d'un premier rendez-vous dans un bureau anonyme, d'un panino avalé à toute vitesse, d'un deuxième rendez-vous dans un café anonyme, d'un sac lourd plein de piles, de carnets, de stylos éparpillés, d'appareil photo et d'enregistreur, de casques et d'un ordinateur. 

Et le soir, comme les rédactions qui remboursent vos frais de logement sont aussi rares qu'une doudoune au mois d'août à Palerme, vous finissez là, attendant le dernier bus à la gare routière.

Attention, je n'échangerai ces journées contre rien au monde. Mais il était temps de mettre fin au mythe.

Gare routière de Catane, Sicile, Italie

C.D