Collectif2026 projet

Les pavés d'or

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Les pavés d'or

Des routes entrelacées, cabossées et au bout, ce village aux façades somptueuses. Sculptées, ornées, se regardant du coin de l’œil, rivalisant.

Mais qu’est-ce que ça veut dire, là au milieu de nulle part ?

Quelques mètres plus loin, une porte fermée en ce dimanche d’automne. Quelques mots échangés au bar, un homme arrive. Le musée de l’émigration de la ville ouvre ses portes.

Sur les murs, des photos de rues défoncées bordées d’étables : c’étaient les maisons des habitants avant qu’une partie d’entre eux ne décident d’émigrer.

Quelques décennies plus tard, plus question de dormir dans la même pièce que leurs vaches ou leurs chèvres comme cela se faisait avant. Les façades doivent briller, montrer la richesse de celui qui est parti en Amérique.

En plus d’un siècle, rien n’a changé.

Dans l’angle d’une salle du musée, des témoignages d’émigrés italiens. Dont celui-là :

« Avant d’aller en Amérique, on m’avait dit que les rues étaient pavées d’or. Une fois arrivé, je me suis rendu compte que les rues n’étaient pas pavées d’or et qu’en fait elles n’étaient pas pavées du tout. Et quelqu’un m’a dit que c’était à moi de les paver. »

(Vieille histoire italienne, Musée de Ellis Island)

Museo dell’Emigrazione, Canicattini, Italie

C.D