Collectif2026 projet

Soleil léger

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Soleil léger

Rome.

Tout : les murs, les serveurs efficaces mais rudes, les néons qui annoncent de somptueux plats de haricots, rappellent quelque chose du Los Angeles de Cassavetes. C’est savoureux et bancal, plein et solitaire. Et pourtant, Ai Marmi ne pourrait être plus romain. De la maison funéraire que cette institution de la pizza de Trastevere a un jour été, il ne reste que les marbres. Littéralement, ai marmi. Les marbres qui constituent encore le matériau des longues tables où s’asseyent les bourgeois à la sortie du théâtre, les jeunes avant d’aller picoler, les familles, les vieux, les Américains, les punks et même les fascistes. Avec ce long week-end à Rome, sous le soleil de novembre, je rattrape les vacances que je n’ai pas prises cet été. Je me verrais bien y vivre. A Rome. La ville aux lumières jaunes, roses, ocres. Où l’on trébuche sur les vestiges. Après les marmi, dans un bar d’une rue toute proche, un parachutiste fait son entrée, arborant un sweat-shirt à l’effigie de Mohammed Ali. Un homme au bar l’interpelle : « Tu n’as pas honte de te promener avec le nom d’un Noir sur ton pull ? ». L’autre répond, connivent : « Il faut faire la distinction entre le sport et la politique ! ». Tout le monde rit. C’est ça aussi, Rome. Les chapelles de Michel-Ange, le Pasolini d’Ernest Pignon-Ernest sur les murs, les supplis des marmi et ça

I.M.

Novembre 2016